Grand-Père Catholique de Vichy
Un trésor est caché dedans
Frères et sœurs, nous sommes des esprits lents à croire ! Et comme pour les enfants, il n’y a rien de mieux que de bonnes histoires pour nous faire comprendre ce qui est essentiel. Jésus ne s’y est pas trompé. Sa prédication est très imagée. Sa parole devient lumineuse : elle nous fait goûter le Royaume de Dieu.
Une fois nos intelligences et nos mémoires ensemencées, il nous reste à traduire ce qu’elles nous disent de Dieu et de son Royaume dans notre vie quotidienne.
Écoutons donc ce que nous dit l’évangile. Il nous donne des indications profondes sur le Royaume. Ce Royaume est une surprise. Il est un accomplissement. Il est enfin un discernement. Et cette étonnante simplicité peut être un peu plus subtile que l’apparence ne le laisse entendre.
Le Royaume des Cieux est une surprise ! Un trésor caché dans un champ ! Le propre d’un champ est d’y travailler la terre en vue de la récolte, et non de la recherche de trésors. Donc, si l’on y trouve un trésor, il est probable qu’on ne l’y cherchait pas. Le Royaume ne se cache pas d’abord dans l’extraordinaire.
Il se laisse découvrir dans le labeur des jours, dans l’activité quotidienne, dans cette vie ordinaire où Dieu aime se rendre présent. Mais une fois qu’on l’a trouvé, la vie en est changée. Il en devient le centre. Rien n’est plus comme avant. Est-ce que j’accueille vraiment dans ma vie quotidienne ce Royaume comme une nouveauté radicale ?
Donc, à la première parabole, Jésus en ajoute une seconde, car le Royaume des Cieux est aussi un accomplissement.
Après le trésor caché dans un champ, voici que le Royaume est comparable à un négociant. L’histoire de la perle, à première vue, ressemble beaucoup à la première… Ici, la perle précieuse est trouvée comme le terme d’une quête méticuleuse. Le négociant cherche précisément des perles qu’il échange, jusqu’à ce que, émerveillé, son désir soit comblé. Le Royaume ne se cherche pas, il se trouve, nous disait la parabole du trésor. Et la perle nous apprend que le Royaume se cherche quand même…
Le Royaume est un don gratuit. Mais il répond aussi à ce désir profond qui habite chaque homme : être heureux, vivre de ces instants dont nous pressentons qu’ils portent déjà quelque chose de l’éternité. Cette quête du bonheur n’est pas vaine, nous dit Jésus. N’espérez pas la trouver en dehors de ce Royaume. Il demandera que nous lui donnions vraiment notre vie. Il demandera à ses sujets quelques renoncements.
Avec la troisième parabole, Jésus nous apprend que ce Royaume est un discernement. La comparaison commence de manière tout aussi simple et imagée, puis se poursuit en se compliquant un peu. Ce n’est peut-être pas si facile d’être un disciple du Christ. Après le trésor et le négociant, le Royaume, nous dit Jésus, s’apparente à un filet, un filet peu sélectif. Il demandera plus tard un tri plus minutieux. On sait à peu près trier les petits et les gros poissons en fonction de la taille des mailles. Mais, deux mille ans après, il est toujours aussi difficile de se décider entre le monde et le Royaume !
Dieu donne à chacun, d’une manière que lui seul connaît, la possibilité réelle de répondre à son appel. Le Royaume n’est pas seulement une promesse pour plus tard.
Il commence déjà ici-bas. Il commence lorsque le Christ saisit notre vie.